À l'Ombre des Jeunes Filles.
J'étais d'abord seule dans la crypte d’une basilique, puis j’étais une femme dénudée peinte à fresque sur un mur de Pompéï, celle de mon livre d'histoire, et enfin une... une de tes créatures, à ta disposition. Tu te mettais à me pétrir comme une terre glaise, tandis que s'échappait de toi un souffle qui me brûlait, qui m'amollissait. Après avoir assouvi ta passion sur mon corps et t'être amusé à le tourmenter de bien des manières, tu exerçais sur lui toutes sortes de profanations. Traitée comme les autres! J'étais là, calme, “comme un fucus humide sur le rocher à marée basse”. Je contemplais ton travail depuis le plafond, j'étais comme une autre. Après j’ai senti en moi comme une risée sur la mer, et, dans une grande vague, les entrailles arrachées, les fesses comme des anémones détachées et flottantes, la cuisse gauche fendue jusqu'au milieu du ventre... J'éprouvais dans mon sommeil un plaisir extrême, une jouissance indéfinissable. J'avais les membres brisés, la tête très faible et de brusques quintes de toux quand je suis sortie de cet assoupissement...